les tapisseries

Accrochées au bord de la tribune, sept tapisseries racontent la vie de Saint Corbinien. Elles ont été réalisées dans un style naïf, inspiré du Moyen Âge, par Sœur Marie-Dominique, bénédictine de l'abbaye de Limon située près de Palaiseau. Les commentaires de chaque tapisserie sont extraits de l'histoire de Saint Corbinien écrite en 769 par Arbedo, quatrième évêque de Freising-Munich (Saint Corbinien - éditions Médiaspaul). On notera que l'ordre de présentation des tapisseries dans la cathédrale (retenu ici) n'est pas celui du texte d'Arbedo.

 

Corbinien à Saint Germain de Châtres

Le vénérable homme de Dieu était originaire de la région de Melito (Melun), du village de Châtres (St Germain lès Arpajon) ; son père avait pour nom Waldechise et sa mère s'appelait Corbinienne. [...] Comme il était son fils unique et qu'elle le chérissait par-dessus tout, la veuve fit en sorte de lui transmettre son nom à elle.

[...] Mais ayant grandi en âge, il reçut du ciel l'inspiration de se consacrer totalement à la vie spirituelle ; c'est ainsi qu'il grava dans son cœur les lois sacrées, méprisant désormais les choses périssables, qui ne servent qu'une vaine gloire.

(En haut de la tapisserie est représentée l'église Saint Germain de Châtres)

 

Corbinien dans son ermitage

À Châtres, dont on vient de faire mention, il passa un jour près de l'église de saint Germain, qui avait été confesseur du Christ. Dans ce lieu abandonné, le bâtiment offrait presque l'image d'une ruine. Devant son portail, il se construisit un petit ermitage. En se retirant ainsi dans la solitude qu'il aimait, il n'avait d'autres biens que ses serviteurs qui pourvoyaient aux besoins de sa vie matérielle, et qu'il vivifiait chaque jour par ses paroles de sainte exhortation, de sorte qu'ils s'employaient à imiter sa vie, en se faisant ses émules. Avec le temps, le peuple vint à lui en foule pour écouter son pieux enseignement [...].

 

Corbinien sacré évêque par Grégoire II

Après avoir prié devant le prince des apôtres, saint Pierre, il se jeta aux pieds du pape Grégoire d'heureuse mémoire et lui révéla le désir secret de son cœur : dans quelles circonstances affligeantes il avait perdu sa vie solitaire.

[...] Quand le vénérable pape entendit les paroles de l'homme de Dieu, il comprit quelle ferveur ardente brûlait en son cœur pour l'œuvre de Dieu.

[...] Il arriva à la conviction de devoir lui conférer, de par l'autorité de saint Pierre, la dignité de prêtre et lui remettre la crosse de l'épiscopat, que celui-ci possédait déjà virtuellement, afin de donner pleine puissance à son activité.

 

Corbinien protège le vin

Quand ce fut le temps de la vendange, des gens vinrent à sa cellule apporter à l'homme de Dieu les premiers fruits de la récolte nouvelle. Les serviteurs rassemblèrent le tout dans un très grand tonneau qui se trouvait à la cave. Le moût commença à fermenter, mais une nuit, alors que tout était tranquille, le tonneau céda à la pression du vin en fermentation et la bonde sortit du tonneau [...].[Corbinien] compris tout de suite ce qu'il en était et se prosterna à terre pour prier. [...] Alors celui de ses serviteurs qui tenait le cellier — il s'appelait Anséric — prit la clé et se rendit à la cave. Il ramassa de sa propre main la bonde qui se trouvait à ses pieds ; mais lorsqu'il arriva devant le tonneau de vin — chose miraculeuse et étonnante pour nous —, il le trouva absolument intact, et il était visible que pas une seule goutte n'était tombée par terre.

 

Corbinien apprivoise l'ours

Alors qu'il accomplissait son voyage vers Rome, il arriva sur le territoire de Brennones et fit halte à la lisière d'une forêt. [...] Un ours sortit de la forêt, mit en pièces le cheval de Corbinien et commença à le dévorer. [...] Mais l'homme de Dieu apprit cette nouvelle avec calme et dit à Anséric : "Prends le fouet que voici, approche toi de l'ours, donne lui une correction et châtie-le pour son méfait qui nous a causé ce préjudice". Comme Anséric n'osait le faire, l'homme de Dieu lui dit : "Va, et n'aie pas peur de lui, mais agis ainsi que je te l'ai ordonné, puis garnis-le du bât et bâte-le, charge mon bagage sur son dos et fais-le marcher jusqu'à Rome, avec nos chevaux".

 

En priant Corbinien retrouve sa mule volée

Or voici qu'un jour, un voleur, séduit par les manigances du vieil ennemi, s'enhardit à dérober une mule du champ voisin. [...] Cependant, le soir venu, les serviteurs de l'homme de Dieu ne purent retrouver ladite mule. [...] Ils informèrent donc l'homme de Dieu de la perte de la mule. [...] Puis [Corbinien] se prosterna sur le sol, et passa ainsi la nuit dans les gémissements et les larmes.

[...] Quand [ses serviteurs] se tinrent devant lui, il les persuada de ne rien faire de mal au voleur lorsqu'il se présenterait avec la mule.

[La mule] apportait sur son dos le voleur, paralysé et sans connaissance, comme s'il était chargé de fer et incapable de se mouvoir, même s'il l'avait voulu.

 

Corbinien meurt en sainteté

Quand vint le jour de son trépas, il se fit préparer un bain, se lava comme d'habitude et se fit couper la barbe. Puis il passa ses vêtements, offrit à Dieu comme de coutume le saint sacrifice et prit de ses propres mains le saint viatique.

Après avoir célébré la messe et reçu le corps du Christ, il rentra chez lui, se fit apporter du vin, prit la coupe, y goûta, la rendit à celui qui la lui avait donnée. Sans montrer l'ombre d'une douleur, il traça sur son chef le signe du salut et trépassa. Il fut inhumé par ses serviteurs dans l'église de sainte Marie, Mère de Dieu.

(Sur la tapisserie sont représentées les cathédrales d'Évry — à gauche — et de Freising — à droite. Le livre du personnage central porte le mot "Amen", tandis que sur le manuscrit de celui de droite est écrit — à l'envers — "Résurrection")