le village

L'histoire d'Évry-petit-Bourg est très ancienne, le modeste village était édifié au bord de la Seine, principale voie de communication vers Paris. Les plus anciens murs de l'église remonteraient au 13ème siècle. Sur la hauteur, à l'abri des débordements du fleuve, sont édifiés de petits châteaux (Beauvoir, Bataille, Petit-Bourg, Grand-Bourg, Mousseau, Neubourg, Tourelles). Ils servaient de résidence de campagne aux nobles et aux riches parisiens. Il était, en effet, plus aisé d'emprunter la voie fluviale pour quitter Paris plutôt que des routes peu sûres et dont l'état laissait souvent à désirer.

Sous le règne de Louis XIV, Madame de Montespan, exilée par le roi, se réfugiait au château de Petit-Bourg qu'à sa mort elle lèguait à son fils, le duc d'Antin.

Issu d'une famille juive de Strasbourg, Théodore Ratisbonne se convertit au catholicisme en 1827 et n'a de cesse, avec son frère Alphonse, de fonder une œuvre destinée à conduire les jeunes filles juives vers la foi chrétienne. Il créé ainsi un lien entre les deux religions, événement révolutionnaire pour l'époque. Le château de Grand-Bourg lui fut légué à condition que s'y installent des religieuses qui ouvriraient une école gratuite pour les enfants du pays. C'est l'origine de la Congrégation Notre Dame de Sion. Le lycée réputé est toujours installé au même endroit... rue de Ratisbonne. Le Père Théodore Ratisbonne repose pour l'éternité dans le parc de l'école tandis que son frère Alphonse est inhumé près de Jérusalem.

À la même époque, un Évryen, Paul Decauville, inventait le "chemin de fer portatif". Sur des rails démontables écartés de 40 cm, il avait eu l'idée de faire circuler des wagonnets tirés par une petite locomotive à vapeur. Son matériel rustique et solide, construit dans les ateliers d'Évry, allait permettre non seulement le transport des betteraves vers les distilleries, mais celui de la canne aux Antilles ou la pénétration des forêts africaines. Devenu un nom commun, signe de consécration, la "decauville", vaillante petite machine, allait conquérir le monde.

La seconde guerre mondiale laisse à Évry de mauvais souvenirs. Le pont sur la Seine est détruit. Surtout, le 16 novembre 1943, c'est à la sortie de la gare que Joseph Epstein, responsable des FTP de la région parisienne, et Missak Manouchian, responsable du mouvement FTP-MOI, sont arrêtés par la police de Vichy. Il seront exécuté quelques mois plus tard au Mont Valérien. Le 23 août 1944, l'armée de libération commandée par le général américain Patton, qui se dirige vers Paris, franchit la Seine à Évry. La capitale sera atteinte deux jours plus tard.

Longtemps endormi, Évry sort de sa torpeur dans les années soixante avec l'édification de la préfecture. En fait, le village est assez peu concerné, mais pour satisfaire à la mode, on parle alors de "ville ancienne", le terme de "village", aujourd'hui à nouveau à l'honneur, étant considéré comme péjoratif et peu attirant pour les nouveaux habitants. Un nouvel Hôtel de Ville digne d'une ville-préfecture est construit, il est inauguré le 29 avril 1961 par le Premier Ministre en personne, Michel Debré. Trop petit, il n'est plus aujourd'hui qu'une mairie annexe à côté du bureau de poste devenu annexe, lui aussi.

En dehors de l'église Saint Pierre et Saint Paul, il reste peu de chose du passé du village : une maison à tourelle rue de Seine ou une statue d'Atlas du 17ème siècle qui a donné son nom au quartier du "Bonhomme en Pierre". Le château de Beauvoir est devenu un centre de soins tandis que le château Bataille, vendu par la ville à un groupe d'investissement, est transformé en appartements de grand standing. En quelques dizaines d'année le centre d'Évry s'est déplacé de quelques kilomètres de l'autre côté de la Nationale 7, rendant par la même occasion au village sa sérénité.